
Cinq ans après la généralisation du télétravail, les données sont claires : le travail à distance a modifié la cartographie des douleurs musculosquelettiques. Les plaintes cervicales et les douleurs d’épaule ont augmenté de 30 à 40 % chez les télétravailleurs réguliers.
La raison principale n’est pas le télétravail en soi. C’est l’environnement dans lequel il se pratique. Un écran de portable posé sur la table de la cuisine. Une chaise de salle à manger sans soutien lombaire. L’absence de déplacements, plus de marche jusqu’au métro, plus d’escaliers, plus de trajet jusqu’à la salle de réunion.
Le télétravailleur moyen fait 2 000 pas de moins par jour que son homologue en présentiel. Sur une semaine, c’est l’équivalent d’une heure de marche en moins. Sur un an, 50 heures de mouvement perdues.
Les solutions sont connues. Un écran externe à hauteur des yeux. Un clavier séparé. Une chaise qui soutient le dos. Mais surtout : compenser l’absence de déplacements par du mouvement intentionnel. Sortir marcher entre deux réunions. Faire des micro-exercices entre les appels. Ne pas rester en pyjama sur le canapé avec le portable sur les genoux.
Le télétravail n’est ni bon ni mauvais pour le corps. C’est la manière dont on l’organise qui fait la différence.