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Cervicalgies et écrans : le cou à l epreuve du numérique

21 avril 2026 · 2 min de lecture

Près d’un salarié sur deux se plaint de douleurs cervicales. Chez les travailleurs sur écran, la proportion grimpe à 60 %. Le cou est devenu, avec le dos et l’épaule, l’un des trois points faibles du corps au travail.

La tête, un poids qui change tout

La tête humaine pèse en moyenne cinq kilogrammes. Lorsqu’elle est alignée au-dessus de la colonne vertébrale, ce poids est parfaitement réparti. Les muscles cervicaux travaillent à l’économie.

Mais pour chaque centimètre où la tête avance par rapport à l’axe du corps, le poids ressenti par les cervicales augmente de deux kilogrammes. À cinq centimètres d’avancée, une inclinaison banale devant un écran, les muscles du cou supportent l’équivalent de 15 kilogrammes. Comme porter un pack de six bouteilles d’eau sur la nuque, huit heures par jour.

Cette surcharge mécanique provoque une fatigue musculaire chronique. Les muscles sous-occipitaux et les trapèzes se contractent pour maintenir la tête, générant des points de tension douloureux. Les disques cervicaux, compressés de façon asymétrique, s’usent prématurément.

Le smartphone, aggravateur silencieux

Si la posture devant l’ordinateur est problématique, celle devant le smartphone est pire. L’inclinaison de la tête vers le bas pour consulter son téléphone peut atteindre 60 degrés, soit une charge cervicale de 27 kilogrammes selon les calculs du chirurgien Kenneth Hansraj. Le « text neck », comme on l’appelle désormais, touche des populations de plus en plus jeunes.

Les céphalées, conséquence méconnue

Les douleurs cervicales ne restent pas confinées au cou. Elles irradient fréquemment vers la tête, provoquant des céphalées dites cervicogéniques. Ces maux de tête, souvent confondus avec des migraines ou des céphalées de tension, partent de la nuque et remontent vers le front ou les tempes. Ils représentent jusqu’à 20 % des céphalées chroniques.

Les solutions qui fonctionnent

La première mesure, la plus simple, est de repositionner l’écran. Il doit être à hauteur des yeux, à une distance d’environ 60 centimètres. Le haut de l’écran doit correspondre à la ligne du regard horizontal. Un support d’écran ou un bras articulé peut résoudre le problème en quelques minutes.

L’exercice phare de la prévention cervicale est la rétraction cervicale, aussi appelée « chin tuck ». Le mouvement consiste à ramener le menton vers l’arrière, comme pour se faire un double menton, tout en gardant le regard horizontal. Ce geste, répété dix fois toutes les heures, renforce les fléchisseurs cervicaux profonds, le longus colli et le longus capitis, dont l’insuffisance est directement corrélée aux cervicalgies chroniques.

Les étirements doux de la nuque, inclinaisons latérales, rotations contrôlées, complètent le programme. Ils doivent être réalisés lentement, sans à-coups, en respectant le seuil de la douleur.

Enfin, le renforcement des muscles scapulaires, les mêmes que pour l’épaule, est indispensable. Le cou et l’épaule forment un système biomécanique solidaire. Traiter l’un sans l’autre est une impasse.

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